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« Faire un grand changement dans sa vie, ça fait peur.
Mais savez-vous ce qui fait plus peur encore ? Les regrets. »

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La Peur ou l’Amour

Face à cette situation douloureuse, comme face à n’importe quel événement de notre vie, je me suis aperçue que l’on n’avait que deux choix : la Peur ou l’Amour. C’est un peu comme « La bourse ou la vie ! » du temps des cowboys, sauf que ce sera toujours d’actualité, quelles que soient les époques.

La Peur, qui nous fait nous contracter sur nous-même, nous isole des autres et nous enferme dans ce petit « moi » étriqué qui se ratatine sur lui-même en se plaignant que la vie est trop injuste. Qui nous fait voir notre vie comme un tunnel noir avec une seule porte de sortie, alors que c’est simplement des œillères créées par notre mental. Qui nous prend tellement d’énergie et nous fait vibrer tellement bas que tout paraît une montagne et même un événement insignifiant peut nous affecter.

L’Amour, qui au contraire nous ouvre aux autres et à la vie, nous permet de nous connecter à notre propre puissance, à notre Source, grâce à ces émotions et ces intuitions que l’on écoute pleinement. Qui nous donne l’énergie pour continuer, car cela ne veut pas dire que c’est simple. Cela ne veut pas dire non plus que c’est sans douleur (comme le montre le poème écrit à l’époque dans une soirée de profond désarroi dont je parle plus bas).

Cet Amour vers lequel on décide de se tourner, cette confiance en l’avenir que l’on décide d’avoir, cette connexion à ce grand « moi », cette personne rayonnante que nous pouvons devenir, donne un sens et un cap à notre vie même dans la tempête.

Et sans en être vraiment consciente, dans un « sursaut de vie » à cette époque-là je me suis connectée profondément à cette Source et c’est sur cette foi en la vie, cette foi en moi et ce que me dictait mon cœur que je me suis basée pour prendre mes décisions.

Alors :

Courage or not courage ?

Cette décision que j’ai prise de tout lâcher, certains m’ont dit que c’était courageux. Que j’étais courageuse aussi de partir à l’aventure comme ça dans l’Océan Indien, avec des gens que je ne connaissais pas, pour traverser un Océan qui promettait de ne pas être simple du tout. Parce que l’Océan Indien a une très mauvaise réputation parmi les marins comme je l’explique plus loin, et à juste titre !

Moi je répondais qu’en ce qui me concerne, ce n’était pas du courage, c’était une question de survie.

Quand j’ai dû annoncer à mon mari que c’était bientôt fini et que nous avons profité de ses derniers instants de lucidité pour parler une dernière fois, une des ultimes choses qu’il m’a dites c’est :

« N’aie pas peur ! »

Et je lui ai répondu :

« Oh tu sais, je n’ai pas peur… tu vas seulement me manquer !».

Et c’est vrai qu’à l’aube de ce tournant dans ma vie, je n’ai pas peur.

Je sais juste que ça va être différent, que je vais devoir tracer ma route seule.

Le plus important, c’est de prendre la bonne impulsion et de partir dans la bonne direction.

Et il FALLAIT que je parte, que je me dépasse, que je vois autre chose sinon je sentais que je risquais de sombrer. D’ailleurs, j’ai même dit cette phrase à mes parents (j’admets qu’elle puisse être dure à entendre) :

« Si on veut me faire crever, c’est simple : on m’oblige à rester en France. »

Pas que je déteste mon pays, bien au contraire. C’est un pays magnifique composé d’une mosaïque de paysages impressionnante en si peu de kilomètres, aux ressources multiples tant au niveau des possibilités du pays que des personnes qui y habitent. Bon, je sais, nous avons la réputation d’être râleurs, nous les Français. Mais il y a beaucoup de belles personnes au pays des râleurs.

Non, il fallait simplement que j’écoute enfin ce que mon cœur me disait, parce que je m’étais posé les bonnes questions. Pas des questions rationnelles telles que « Comment vas-tu gagner ta vie ? » « Est-ce que c’est risqué ? ». Non. Les questions qui vont chercher directement au fond du cœur, au fond des tripes, vers ce à quoi tout mon être tend et ce pourquoi il vibre (cf chapitre 1 « Tout lâcher et partir »).

Prendre une grande décision avec son cœur, ce n’est pas du courage, c’est du bon sens.

Ce bon sens que l’on met souvent sous le tapis parce qu’on nous fait croire que les enjeux sont ailleurs, plus importants (l’argent, la réussite sociale, le « paraître » aux yeux des autres).

Le vrai courage, après, c’est de maintenir cette décision même si les autres nous critiquent ou que les obstacles s’amoncellent et nous font douter du chemin que l’on vient de prendre.

Si on prend une décision avec notre cœur, avec nos tripes, nous ne pouvons pas nous tromper. Et si par la suite il y a une traversée du désert et une tempête de sable qui nous masque notre but final, l’origine de cette décision, le « pourquoi » on l’a prise, nous permet de tenir jusqu’à la prochaine oasis et la sortie de cette zone aride et difficile.

Et puis, me concernant, je ne partais pas totalement dans l’inconnu. Anik et JB, je les suivais depuis plusieurs années sur leur site internet www.banik.org où ils donnent des conseils pour qui navigue ou veut partir en bateau. Je m’étais aussi procuré leurs carnets de voyage. Bref, je savais déjà un peu comment ils fonctionnaient. Et les skypes que nous avons faits entre janvier et mai m’ont permis de les cerner un peu plus aussi. Je ne partais donc pas dans l’inconnu, j’avais déjà une bonne idée de ce qui m’attendait (ce qui réduit de beaucoup les peurs).

Ensuite, concernant le fait de ne pas voir la terre pendant plusieurs jours, je dois dire que je n’avais pas spécialement d’appréhensions.

Pourquoi ?

Déjà parce que j’avais confiance en Anik et JB : ça fait 40 ans qu’ils naviguent, je sais que ce ne sont pas des têtes brûlées et que leur bateau est bien entretenu. Toutes les conditions sont donc réunies pour que ça se passe au mieux. Il faut sortir de ma zone de confort, certes. Mais ce serait stupide de le faire sans un minimum de garanties. Ce serait comme sauter d’un avion sans parachute ! Débile et suicidaire… et moi j’aime la vie. Cette vie précieuse qui m’est donnée en cadeau à chaque nouvelle journée qui commence.

Mais le plus important, c’est que je vivais dans le moment présent et n’étais pas en train de m’imaginer tous les scénarii catastrophes qui auraient potentiellement pu se dérouler. Parce qu’avec de telles choses dans la tête (qui ont >90% de chances de ne pas arriver !), on reste chez soi sur son canapé.

Et moi il fallait que je bouge, question de survie personnelle. C’est cette motivation profonde qui m’a permis de :

Garder le cap malgré la douleur

Parce que même avec cette profonde motivation qui m’habitait et me guidait comme une locomotive, cela n’a pas empêché les moments difficiles.

Déjà, j’avais un deuil à faire. Ce qui est étrange, c’est que les premiers mois, on semble s’en tirer relativement bien. L’autre nous manque, mais ça va. C’est même presque trop facile, et on s’en voudrait quasiment de ne pas ressentir plus de peine. Mais ça, c’est en fait un mécanisme de défense de notre cerveau qui « anesthésie » en quelque sorte notre douleur, pour qu’elle soit supportable.

Mais je savais que ça n’allait pas durer. Pour l’avoir entendu dire, je savais que c’est à partir du 3ème mois que ça se corse.

Que là ça devient dur, aride, épuisant.

Que ça tord les tripes.

Moi, ça m’est arrivé au mois de janvier, soit 4 mois après son décès.

La journée je m’occupais, je vaquais à mes occupations et tout allait relativement bien : je pouvais chanter, danser, discuter ou plaisanter avec les gens sans avoir à me forcer. Mais dès que venaient les environs de 18h, j’avais cette angoisse sourde qui montait, ce malaise qui m’envahissait et dont je ne pouvais me défaire, quoi que je fasse.

Cette solitude qui me tordait les tripes.

Pour alléger mon fardeau, quelques soirs où c’était particulièrement intense, j’ai écrit des poèmes. J’ai d’ailleurs repris 2 de ces poèmes que j’ai retravaillés pour en faire un slam que j’ai déclamé dans des soirées slam à Rimouski, que je vous livre ici pour que vous puissiez apprécier d’où je suis partie, afin de voir où je suis arrivée aujourd’hui :

Tout va bien Madame la Marquise

Les premières semaines, tu supportes bien.
Le deuil, moi ? Même pas peur !
« Oui, oui, il me manque… Mais ça va bien. »
Erreur ! Cette apparente insensibilité n’est qu’un leurre.

Petit à petit, au fil du temps, les soutiens s’espacent
Chacun retourne à sa vie et c’est bien normal
Alors mon cerveau se réveille de ce long sommeil hivernal…
Et là, la douleur afflue et mon cœur se glace.

Le cœur amoureux bat à un rythme irrégulier :
Un battement sur deux s’en va rejoindre le cœur de l’être aimé.
Mais aujourd’hui, j’ai beau écouter,
Plus un bruit… car de battre ton cœur s’est arrêté.

Comme ils me manquent, ces regards que tu avais pour moi !
Tes caresses, ton odeur, ton souffle, ta voix…
Tes défauts, tes manies, tes coups de gueule…
Le monde est dépeuplé.

L’angoisse et la solitude, ces effrontées,
Viennent chaque jour me visiter.
J’ai beau tenter de les envoyer paître
Quand je ferme la porte, elles entrent par la fenêtre !

Ces mal-élevées saccagent tout sur leur passage
S’invitent à ma table, mangent dans mes plats,
Habitent mon corps, grimacent dans la glace,
Et me suivent jusque dans mon lit.

Alors chaque journée, je m’arme pour les combattre :
Je m’occupe, je danse, je ris, je lis
Mais chaque soir, ma force de vie s’enfuit…
C’est à l’usure qu’elles arrivent à m’abattre.

Chaque jour, cette lèpre me ronge,
Sape mes fondations,
Détruit mes fortifications,
Fait de mon corps un no man’s land.

Contre de telles ennemies il m’est difficile de lutter,
Je n’ai que ma résistance et mon courage pour espérer gagner.
C’est le mythe de l’éternel Sisyphe
Avec sa montagne et son rocher.

« Ça va ? » me demande-t-on encore
« Oui, tout va bien ! » dis-je dans un sourire
Ma force de caractère qu’on admire,
Ce délabrement intérieur caché derrière un rire…

C’est un mal insidieux qui passe inaperçu.
Aux yeux de tous,
Tout va bien messieurs dames,
Mais, en fait, la lèpre enterre Madame.

Dès que ton esprit a le dos tourné,
Elle s’insinue dans toutes les failles
Et si tu te laisses distraire par mégarde
Elle va enfoncer sa dague dans ton cœur jusqu’à la garde.

Tu te réveilles la nuit en pleurant,
Sans savoir pourquoi…
Tu te lèves le matin en chantant,
Car tu sais ce que tu combats.

C’est un mal insidieux qui passe inaperçu.
Aux yeux de tous,
Tout va bien messieurs dames,
Mais en fait la lèpre enterre Madame.

Aucune médaille au champ d’honneur,
Car cette guerre aux yeux des gens n’existe pas.
Tu es pour eux sans arrêt de bonne humeur,
Ta volonté est sans failles, la tristesse ne t’atteint pas.

Oyez ! Oyez ! Bonnes gens !
Des veuves crèvent à vos portes !
Elles sont réelles, peuvent sembler fortes,
Mais au fond d’elles, elles sont bel et bien mortes.

C’est un mal insidieux qui passe inaperçu
Aux yeux de tous.
Mais qui vous ronge comme un chien affamé
Jusqu’à la dernière phalange, au dernier pouce.

Comme vous avez pu le lire, c’est assez dur émotionnellement. Mais même au travers de tout ça je tenais bon, car j’avais mon but en ligne de mire. Et je savais que cette tempête serait passagère, même si la traverser était douloureux.

Ce qui n’était pas simple non plus c’était de voir mes meubles partir. Bien-sûr, j’étais très contente de les avoir vendus et de voir que petit à petit je me rapprochais de mon but. Mais voir ainsi une partie de sa vie partir aux 4 vents dans les mains d’étrangers, je pense que vous pouvez imaginer que ce n’est pas tous les jours facile.

Mais je tenais, je ne revenais pas en arrière car je savais pourquoi je le faisais. Et j’avais conscience que j’étais en train de vivre une :

 

De ces périodes de chamboulement qui permettent de nous retrouver

Pendant cette période de grands chambardements, j’en ai profité pour me retrouver aussi.

Notamment, sans l’avoir cherché réellement au début puisque je l’ai juste fait pour le défi, quand j’ai posé ma candidature pour l’expédition américaine sur la fosse des Mariannes. J’ai laissé un peu aller ma folie parce que je me disais que si je voulais être prise, il fallait que je sorte du lot, que je me démarque. Bref, j’ai fait ce que je n’avais plus fait depuis des années (car je pensais qu’il fallait être sérieuse pour montrer l’exemple) : j’ai laissé parler ce grain de folie qui est en moi.

Et je peux vous garantir que cette prise de conscience a fait du bien parce que là j’ai vraiment eu l’impression de déterrer une partie de moi que j’avais enterrée depuis des années. Mon petit frère Xavier aussi a senti cela. Il me confiera :

« C’est bien toi ça. Ça faisait des années que je ne t’avais pas vue comme ça ! ».

Et c’est vrai qu’à ce moment-là je me suis dit :

« Tiens, c’est une partie de moi que j’avais oubliée ça… Bien enfouie sous toutes ces obligations que j’avais laissé me dévorer. Ces enjeux qui n’étaient pas les miens et que je me suis laisser imposer. C’est bon de le savoir. C’est tellement bon de me retrouver ! »

Et cette réconciliation avec une partie oubliée de moi-même avait particulièrement de valeur à mes yeux, surtout après toutes ces années où je me suis détestée pour ce que j’étais devenue… ne voyant pourtant aucune porte de sortie pour amorcer un début de changement. Je me sentais tellement coincée dans les schémas de comportements que j’avais mis en place !

Et là je viens d’ouvrir sans le savoir, parce que j’y allais sans enjeux et sans vraiment réfléchir, une petite porte qui me laisse envisager de beaux changements. C’est fou le bien que j’éprouve à prendre conscience de ce que s’est ré-ouvert en moi.

J’ai profité aussi de cette période de transition pour me poser la question de qui j’étais réellement, quelles étaient mes motivations profondes et ce que je voulais devenir. Et c’est vrai que étant une grande timide, je n’osais pas aller vers les gens. J’étais tout le temps en train de m’imaginer ce qu’ils pouvaient penser de moi et ça me paralysait.

Est-ce que j’étais assez bien ?
Est-ce que je n’avais pas l’air trop coincée ?
Est-ce que ce que je dis les intéresse ou c’est plutôt en train de les ennuyer ?
Est-ce qu’ils me trouvent bizarre ?

 

Vous l’aurez compris, je me torturais assez avec ce que les autres pouvaient penser de moi. J’avais envie de leur plaire, mais je ne m’y prenais pas de la bonne manière. Parce que si vous allez vers les gens en vous posant toutes ces questions, d’une part il y a de fortes chances pour qu’ils ressentent votre malaise, mais donc aussi pour qu’ils se sentent mal à l’aise en votre présence… donc que vous vous sentiez mal à l’aise à votre tour car vous ressentez que pour une raison qui vous échappe, quelque chose cloche. Vous mettrez alors cela sur (au choix, rayez la mention inutile… ou prenez-les toutes !) :

  • vous ne l’intéressez pas et l’ennuyez
  • vous avez l’air trop coincé(e)
  • il/elle vous trouve bizarre
  • il/elle vous trouve mal habillé(e)
  • il/elle trouve que vous galérez à mort
  • vous avez un morceau de salade coincé entre les dents…

Le problème, c’est que vous n’y êtes pas, dans la tête de l’autre. Vous ne pouvez donc absolument pas imaginer une seule seconde ce qui s’y passe. Et ce que vous imaginez, si jamais vous avez la chance de tomber juste, vous ne savez pas pourquoi cette personne pense ainsi car vous ne connaissez pas son histoire personnelle et ce à travers quoi elle est passée et qui constitue son caractère aujourd’hui.

Donc ce que j’applique maintenant aussi souvent que possible (quand je ne suis pas en train de me faire rattraper par mes mauvaises habitudes) : arrêtons de supposer, demandons. Ça évite de se faire des films catastrophe dans la tête et en plus, chose ô combien importante, ça permet de mieux connaître la personne que nous avons en face de nous (et pourquoi pas aussi, davantage le genre humain en général).

Et c’est cette philosophie qui m’a amenée à développer quelque chose d’inédit (je ne l’ai jamais trouvé ailleurs) pour dépasser ma timidité :

Le compliment gratuit : une technique infaillible pour approcher les gens sans se faire (re)jeter

A l’époque, je ne sais plus comment ça m’est venu mais j’ai eu une idée pour tenter d’approcher les gens sans me faire rejeter (ce qui était ma plus grande peur).

Je vais vous confier cette technique, toute simple dans son principe : allez faire un compliment gratuit (et sincère !) à une personne que vous ne connaissez pas.

Pourquoi faire ça ?

Parce que si vous faites un compliment à une personne, et qu’elle sent que vous n’attendez rien en retour (elle voit que vous n’êtes pas en train d’essayer de la draguer, de lui vendre quelque chose ou lui demander quelque chose par la suite), elle ne peut pas vous rejeter, c’est « mathématique » (quoi que je ne suis pas sûre du mot car j’ai toujours été fâchée avec les maths).

Imaginez…

Quelqu’un que vous ne connaissez pas vous aborde dans la rue ou les transports en commun pour vous faire un compliment.

Comme ça, gratuitement.

Sans rien attendre en retour…

Quelle sera votre réaction ?

Un grand sourire, c’est sûr !

Non seulement en faisant ça vous embellissez la journée de la personne à qui vous parlez, mais en plus vous êtes doublement content de vous : vous avez dépassé votre peur d’aller vers une personne inconnue et vous venez de faire une bonne action.

Et je trouve que ce genre d’actions manque tellement aujourd’hui…

Je me souviens d’une fois où j’étais dans une boulangerie en région parisienne, pour aller acheter de quoi faire un petit déjeuner pantagruélique. Oui, je ne me transforme pas en princesse Fiona mais mon estomac sait être extensible parfois…

Dans la file d’attente, j’aperçois derrière moi un jeune homme qui a un tatouage sur le bras que je trouve magnifique. J’ai envie de lui faire un compliment dessus, mais j’hésite. Je suis très timide, je vous le rappelle. Le temps passe, la file avance et c’est bientôt mon tour.

Je trépigne, n’arrive pas à me jeter à l’eau.

Quand c’est à moi, j’achète ce que j’avais prévu. Puis au moment de partir, je me jette à l’eau car j’ai décidé que je devais le lui dire et là je n’ai plus le choix, c’est maintenant ou jamais.

Je me jette donc à l’eau telle une future noyée, c’est-à-dire sans air :

« Bonjour, excusez-moi mais je voulais vous dire que je trouve votre tatouage sur le bras vraiment très beau. Bonne journée ! ».

Et je me sauve comme une voleuse…

Si vous aviez vu le sourire qui a illuminé son visage à ce moment-là ! Parce qu’il a non seulement compris que je lui faisais un compliment, mais surtout que c’était gratuit, que je n’attendais rien en retour. Contrairement à beaucoup de situations dans notre société aujourd’hui où les choses en apparence même banales sont motivées par un intérêt plus ou moins soigneusement camouflé.

J’avais illuminé sa journée, et j’étais fière de moi.

Double victoire.

Maintenant, ce que j’essaie de faire, mais ce n’est pas gagné à tous les coups car ma timidité revient au galop de temps en temps, c’est que je reste 1 à 2 secondes pour bien apprécier la joie de la personne et m’en remplir, au lieu de m’enfuir comme une voleuse.

Et j’ai eu plus tard la confirmation du bien-fondé de mon action car on ne peut jamais savoir à quel point :

L’impact des mots dépasse nos pensées

Un événement qui a aussi été une prise de conscience pour moi et m’a donné envie de continuer dans cette voie, s’est passé avec un Brésilien nommé Lucas. Je l’ai rencontré à Tokyo au Japon pendant un voyage de 10 jours avec mon petit frère que j’ai fait en mars 2015.

Voici le premier contact que j’ai eu avec lui : je venais d’arriver et j’étais en train de m’enregistrer à la réception. Et là j’ai vu un grand jeune homme avec une abondante tignasse bouclée qui a commencé à proposer du chocolat à tout le monde (y compris moi) en arrivant dans l’auberge de jeunesse !

Un gars comme ça, on ne l’oublie pas !

Surtout si comme moi vous aimez beaucoup le chocolat…

J’ai pu apprécier davantage sa compagnie à travers des discussions ou un karaoké endiablé à 17, où il nous a épatés avec sa voix magnifique et ses talents de chanteurs, y compris pour les chansons japonaises. « Comment on peut arriver à retenir autant de japonais en regardant des mangas ? » a été la question qui m’a hantée une bonne partie de la soirée…

Mais une chose qu’il a dite plusieurs fois dans cette soirée alors qu’on discutait était :

« Excuse me… I’m a loud person. »

Qu’on pourrait traduire par : « Excuse-moi… je suis une personne très extravertie ».

Et cette phrase-là me gênait car il avait l’air de s’excuser d’être lui-même. A ce moment-là, en mon for intérieur est venue une sorte d’obligation : il fallait que je lui parle.

J’ai donc pris mon courage à deux mains et je suis allée le voir en demandant à lui parler 5 minutes, ce qu’il a accepté avec empressement. Voici ce que je lui ai dit :

« Pourquoi t’excuses-tu tout le temps d’être une personne expansive ? Pourquoi t’excuses-tu d’être toi-même ? Tu es quelqu’un de généreux qui essaie de répandre ta joie de vivre autour de toi, et cela sans écraser les autres ou t’imposer à eux. C’est quelque chose de précieux pour les gens timides comme moi qui n’osent pas. Ça nous pousse à aller de l’avant et à nous dépasser un peu lorsque l’on est en ta compagnie. Arrête de t’excuser d’être cette personne car tu es une belle personne. »

Il m’a chaudement remercié de lui avoir dit ça, mais le plus important est venu 2 jours après, alors que j’avais quitté Tokyo. Il m’a envoyé un petit message qui disait en substance :

« Merci énormément pour ce que tu m’as dit l’autre jour. Je suis venu en voyage ici car je ne savais plus trop où j’en étais dans ma vie et ce que tu m’as dit est très précieux pour moi ».

Quand je lui ai dit ça, j’étais loin de penser à l’impact que ça aurait car je n’avais aucune idée de ce qu’il vivait dans sa vie. Mais au vu de ce que ça a fait, je me suis promis que lorsque j’aurais désormais quelque chose de positif à dire à quelqu’un, je ne passerais pas à côté le fait de lui dire, même si pour ça je devais prendre mon courage à deux mains.

Parce qu’on n’imagine jamais ce que des mots encourageants ou positifs peuvent avoir comme impact dans une vie.

Et cela s’est démontré plusieurs fois depuis.

Impact que peuvent aussi avoir chacun de nos gestes, de nos choix quotidiens, qui nous permettent plus tard de :

« Connecter les points »

               Peut-être avez-vous déjà entendu ou lu cette phrase célèbre de Steve Jobs :

« Vous ne pouvez pas connecter les points dans le futur ; vous pouvez seulement les connecter en regardant en arrière. Donc vous devez avoir confiance que les points se connecteront quelque part dans votre futur. »

Ces fameux points à relier, c’est tout ce que nous faisons dans notre vie.

Quand j’avais entretenu de bonnes relations avec le proviseur-adjoint du lycée de Langres à l’époque, je n’avais pas d’idées derrière la tête, je suivais simplement ce que mon cœur et mes valeurs me disaient de faire.

Et là, je m’aperçois que cela me revient aujourd’hui par le biais d’une formidable lettre de recommandations, qu’il a pris le temps de traduire en anglais avec un ami sur son temps personnel, en plus !

Et c’est là où je comprends mieux le « connecting the dots » (« connectez les points ») de Steve Jobs : sur le moment, on ne voit pas forcément l’utilité de ce qu’on fait ; l’important est juste de suivre son intuition, ses penchants naturels. Ce n’est que plus tard que l’on peut faire le lien quand tout se connecte.

Voici les enseignements que j’ai tirés de ce que j’ai pu vivre à ce moment-là :

  1. On a tous 2 choix face à une situation : la Peur ou l’Amour
  2. Prendre une grande décision avec son cœur, c’est du bon sens… et ça demande du courage
  3. Connaître le « pourquoi » de nos décisions nous aide à garder le cap dans les moments difficiles
  4. Toute catastrophe peut devenir une opportunité : penser à relever la tête et prendre du recul pour l’entrevoir
  5. Arrêter de supposer : demander. Au pire la réponse est « non ». Et on passe à autre chose.
  6. Le compliment gratuit : une technique infaillible pour prendre confiance en soi et faire des heureux
  7. Prendre soin de ce qu’on dit : on n’imagine jamais l’impact de nos mots sur les autres
  8. Suivre son intuition, sans savoir où elle nous mène exactement, nous « connecterons les points » plus tard

Me voilà donc prête à monter dans l’avion, le sac bouclé. Et pour rien de moins qu’une traversée de l’Océan Indien !

Et je peux vous dire que lorsque dès la première nuit de bateau le capitaine me dit :

« Si tu tombes à l’eau, tu es morte. »

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ressemble à : (suite au prochain chapitre)

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