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« Je crois beaucoup à la chance ; et je constate que plus je travaille,
plus elle me sourit. » Thomas Jefferson

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Avant de partir, plusieurs personnes m’ont dit que j’avais de la chance de faire un tel voyage. Voire même que c’était un peu indécent de faire ça pendant que d’autres avaient du mal à joindre les 2 bouts…

Alors peut-on dire vraiment que…

J’ai de la chance ?

Lorsque j’étais sur cette île déserte, j’étais consciente chaque jour de la chance que j’avais d’être là.  Qui peut se prévaloir d’être allé sur ce petit coin de paradis au milieu de l’Océan Indien ?

Très peu de monde.

Et cela j’en étais consciente.

Mais en fait, si on y regarde bien, cette « chance », c’était moi qui l’avais créée.

Si je m’étais dit, quand j’ai lu l’annonce de JB et Anik, que l’âge recherché était une barrière et que je n’avais pas tenté ma chance malgré tout, je ne serais pas sur cette île.

Mais ce n’est pas ce que j’ai fait.

J’ai lu leur annonce sur leur site, pris chacun des points qu’ils jugeaient essentiels dans l’état d’esprit de la nouvelle équipière et je me suis attachée à y répondre point par point dans mon mail (qui ressemblait d’ailleurs pas mal à un roman fleuve). J’ai parlé de mon expérience de vie qui pourrait me permettre, peut-être, de dépasser leurs craintes concernant l’âge. J’ai fait valoir d’où venait ma motivation et les raisons qui me poussaient à poser ma candidature.

Et j’ai parlé de ce qui « fâchait », c’est-à-dire l’âge, à la fin bien-sûr ! Eh eh, un peu de stratégie tout de même, je n’allais pas le mettre au début…

Il fallait qu’ils se disent que j’étais l’équipière rêvée tout le long du mail pour trouver le petit hic seulement à la fin… (si j’avais fait l’inverse, pas sûr qu’ils aient lu le mail dans le même état d’esprit)

Et bien-sûr, par la suite, j’ai continué à envoyer régulièrement des mails, en essayant de montrer ma personnalité, sans me décourager tant que je n’avais pas reçu de réponse négative.

Et c’est cela qui a payé.

Comme l’ont marqué Anik et JB dans leur mail où ils me disaient qu’ils me choisissent :

« Nous avons cédé devant ta ténacité et ton humour »

Comme quoi, tant que l’on n’a pas reçu de réponse négative, rien n’est perdu !

               Ah, j’oubliais : j’avais aussi passé la plus grande partie de mes vacances pendant 5 ans à rénover une maison ! Et on a dû attendre 3 ans avant qu’elle se vende… ça pèse pas mal dans la balance de la chance qu’on provoque aussi !

Bref, tous ces efforts m’ont permis…

Des retrouvailles avec la mer tant attendues

Alors que nous quittons Bali dans l’après-midi du mercredi 21 mai, mon émotion est grande : quel bonheur pour moi d’entendre à nouveau le bruit des vagues sur la coque d’un voilier !

Cela faisait presque 2 ans que je n’avais pas navigué (mon expérience de la voile se résume à 3 fois une semaine de navigation côtière). Et qui plus est sur le fameux voilier Banik, avec Jean-Baptiste et Anik, chose que je n’avais pas osé espérer jusqu’à présent…

Un rêve qui devient réalité, c’est toujours porteur d’un certain émoi !

A ce moment précis, son origine est quadruple :

– je reprends la mer après une longue période sans navigation.

Depuis la 2ème navigation que j’ai effectuée, je me suis toujours sentie « chez moi » sur un bateau. Celui-ci ne fait pas exception. C’est bon de se sentir autant en accord avec le lieu où l’on est.

– je suis sur Banik, voilier suivi depuis des années par internet. Et je fais maintenant partie de l’équipage…

Si l’on m’avait dit cela il y a 9 mois, j’aurais dit que c’était impossible. Comme quoi tout peut arriver ! Il suffit de tenter sa chance, de mettre toute son énergie dans la bataille et aussi de laisser faire un peu le destin…

– je vais traverser un océan.

Après tous les récits de voyage en bateau que j’ai lu, je suis impatiente. Je sais que ça n’est pas toujours une partie de plaisir et que cela peut même parfois être dangereux. Mais j’ai confiance en l’expérience de JB et d’Anik, je sais qu’ils sont loin d’être des têtes brûlées. C’est aussi pour ça que je les ai choisis.

J’ai donc hâte d’expérimenter tout ce qui m’a fait rêver dans mes lectures : les quarts sous le ciel étoilé, le phytoplancton fluorescent dans le sillage, les heures passées à regarder la mer, la pêche… mais aussi les manœuvres à la voile. Même si je sais qu’il faudra faire attention à un certain nombre de choses (je ne suis pas une tête brûlée qui n’a peur de rien – les gens qui n’ont peur de rien sont des gens dangereux car ils sont inconscients), je n’ai pas spécialement peur non plus.

– nous avions un projet de tour du monde avec mon mari qui est décédé en octobre dernier ; ce voyage a donc une forte signification au vu de ce que nous projetions ensemble.

               Face à un tel engagement et de tels dangers potentiels, la question qu’on pourrait se poser est :

Peur, y es-tu ?

Ce en quoi je m’étonne moi-même, c’est cette absence de peur face à cet immense océan qui s’offre à nous, et que nous allons devoir traverser.

Quand j’ai parlé un peu de mes 7 mois à venir, beaucoup de personnes m’ont dit :

« Mais tu n’as pas peur de te retrouver toute seule en plein océan, sans voir la terre ?
Et s’il arrive quelque chose, tu fais comment ? »

Ce à quoi je répondais invariablement que NON, je n’avais pas spécialement peur. D’une part parce que je partais avec des personnes d’expérience en qui j’avais confiance, d’autre part parce le bateau était entretenu et de ce côté-là j’étais tranquille.

Et puis en fait, je crois que je refusais de prendre à mon compte toutes ces peurs que les autres projetaient sur moi.

Je savais que c’était faisable, je savais que je partais avec les gens en lesquels j’avais le plus confiance pour faire cela donc je refusais de me regarder comme en équilibre au bord du précipice. J’avais devant moi quelque chose d’impressionnant, certes : toute cette étendue d’eau sans terres est gigantesque. Mais là, je ne m’apprête pas à sauter sans parachute, j’ai des instructeurs et un très bon parachute.

Je suis donc loin de me jeter dans le vide sans préparation. Et ça fait toute la différence.

Ensuite, la peur vient de ce que nous nous projetons dans le futur et essayons d’imaginer ce qui va se passer. Et bien-sûr, nous n’imaginons pas le meilleur scénario, non, nous imaginons le pire (ça ne serait pas drôle sinon).

Mais avez-vous remarqué ?

99% du temps, ça ne se passe jamais comme on l’avait imaginé… y compris si ça tourne mal !

Alors, à quoi bon se mettre en tête tous ces scénarii catastrophe ?

Ce qui doit arriver arrivera de toute façon. Donc ce sur quoi nous avons le contrôle, c’est sur la préparation pour faire que les choses se passent le mieux possible. Ensuite, le reste n’est pas vraiment de notre ressort…

Mon secret pour combattre ces peurs irraisonnées qui envahissent ma tête ?

Me fixer sur l’instant présent et ne plus en bouger. Là j’ai de la prise, là je peux agir.

Et si je regarde bien l’instant présent alors que je suis dans le bateau, tout est ok : le bateau avance bien et dans la bonne direction, il y a du soleil, les gens qui m’accompagnent sont agréables, la mer n’est pas trop pénible… Bref, tout va bien. Je peux donc tranquilliser ce hamster qu’il y a dans ma tête, qui lui a envie de courir un marathon dans sa petite roue en plastique…

Pas d’entraînement à l’Iron Man aujourd’hui petit hamster, on profite de la vie et elle est belle….

Quand nous avons peur, c’est que nous tentons d’imaginer tous les scénarii (catastrophes) qui pourraient se dérouler dans le futur. 99% d’eux n’arrivent jamais. Et quand bien même ils arriveraient, stresser en avance ne fera pas changer les choses. Tout au plus nous serons mal 2 fois plus longtemps.

Alors tâchons de vivre l’instant présent, sur lequel nous avons un contrôle. Faisons en sorte qu’il se passe le mieux possible, et qu’il prépare de la meilleure manière possible le futur. Par exemple : si nous avons un entretien d’embauche, sans être capable d’en prédire l’issue, pour améliorer les chances de succès on peut quand même se préparer ! Alors que si nous ne faisons rien, il y a de fortes chances pour que les pires prédictions se réalisent.

Bref, faisons le choix de vivre pleinement dans le présent, que nous contrôlons, pour chasser ces peurs irraisonnées qui traversent notre tête.

Et tout ça m’amène à la réflexion suivante :

Faire le vide dans sa tête : cela devrait être obligatoire

Je ne sais pas par quel « miracle » cela s’est opéré dans mon cas, mais durant cette traversée, la plupart de mes pensées et préoccupations se sont envolées.

Comme je l’ai dit à Anik et JB sur le moment, c’est comme si je n’avais ni passé, ni futur, et que seul le moment présent existe. Je n’avais – ni n’arrivais – tout simplement pas à me laisser envahir par des interrogations à propos de mon futur ou des regrets issus de mon passé.

Bien-sûr, pendant ces longues heures à rêvasser allongée sur ma couchette, il y avait des idées qui passaient en moi. Mais je ne cherchais pas à les retenir, elles ne faisaient que passer et je les observais, simplement. Je réfléchissais sur moi-même, mes ressentis, ce que je voulais vraiment. Un peu comme si je faisais de la méditation en pleine conscience si je regarde cela après coup.

Et cela fait un bien fou à l’âme et au cerveau.

Parce que dans notre vie de tous les jours, nous nous laissons emporter par le tourbillon de nos préoccupations et des choses à faire, de ce que nous bombardent les médias pour nous faire réagir. Mais nous prenons très peu souvent le temps de nous arrêter sur nous-mêmes, notre ressenti face à ce que nous vivons. Ou tout simplement profiter de l’instant présent sans penser à toutes les tâches à accomplir par la suite, qui attendent leur tour sur ce carrousel infernal qui, si nous n’y mettons pas un terme, grandit tous les jours.

Pour moi, s’arrêter régulièrement sur notre vie, mettre sur « pause » même le temps de quelques heures, pour s’assurer que nous sommes toujours sur le chemin que nous indique notre voix intérieure, est vital si nous voulons avoir une vie qui nous ressemble, au lieu de la passer « à l’extérieur de nos baskets », dans une voie qui n’est pas la nôtre mais celle que l’on nous impose ou que l’on nous fait miroiter.

Mais je sais que, pour vous comme pour moi, ça demande…

Un effort de ma part

Quand je dis que j’étais consciente de la chance que j’avais d’être là, c’est que je faisais l’effort conscient de me rappeler que j’avais cette chance. Sinon, la tentation est facile de vivre chaque jour sans se rendre compte de là où on vit.

En effet, même si c’est magnifique, le fait de l’avoir toujours sous les yeux peut faire perdre de sa valeur à ce qui nous aurait habituellement fait rêver.

Pour preuve : même si j’étais consciente (ou si je prenais régulièrement du recul pour cela) de la chance que j’avais d’avoir de si beaux paysages, ce n’est que maintenant quand je regarde les photos prises là-bas que je mesure vraiment toute la beauté du lieu.

J’ai presque 2 fois plus envie d’y retourner.

Là-bas, quand j’y étais, c’était beau, bien-sûr. Mais la beauté des paysages et du bleu turquoise me crève plus les yeux ici que quand j’étais là-bas.

Peut-être parce que là-bas j’étais un peu « prise dans ma vie » : on fait à manger, on règle tel ou tel petit problème, on prévoit la suite… ce qui fait qu’on est moins présent pour ce qui se passe, les choses extraordinaires passent pour le temps où on y est dans le camp des « choses acquises ».

J’avais beau, chaque soir, prendre quelques minutes pour marquer ce que j’avais fait dans ma journée, et écrire « Xème journée au paradis », je crois que j’aurais pu davantage en profiter, me remplir de toutes ces sensations.

Mais ça, ça n’a pas été le cas quand…

J’ai dépassé ma première limite !

Le défi que m’a lancé JB d’aller chercher du sable sous le bateau a été le premier défi relevé d’une longue lignée durant ce voyage. Ça a été la première limite que j’ai dépassée.

Ce n’est pas celui qui m’a propulsé dans une recherche compulsive de découverte de mes « vraies » limites, mais ça a planté la petite graine qui a germé plus tard, à la Réunion.

Pour ce défi-là, ce qui m’a tranquillisé c’est son expérience. Il m’avait vue nager, aller un peu sous l’eau et en a conclu que j’étais capable de le faire, même si ce n’est pas l’idée que j’en avais.

Il m’a alors lancé ce défi, que j’ai relevé parce que j’avais confiance en lui.

Et que je savais qu’il avait la capacité d’aller me chercher au fond si jamais j’avais un problème ! Ce qu’il n’a pas fait, car tout a très bien fonctionné. Mais c’est vrai que l’ajout des 2 kg de plomb autour de la taille m’a bien aidé.

Par contre je ne saurais pas dire si l’aide a été dans la tête parce que je me disais que ça allait être plus facile (une sorte d’effet placebo) ou si cela m’a réellement aidé à rejoindre plus vite le fond. L’essentiel, dans tous les cas, c’est que je ne l’ai pas senti à la remontée. Mais je crois que l’urgence de l’appel de mon cerveau pour un peu d’air frais a fait passer au second plan toutes les autres considérations !

Voici les enseignements que j’ai tirés de ce que j’ai pu vivre à ce moment-là :
  1. La chance se crée, elle arrive rarement sans effort de notre part
  2. Tant qu’on n’a pas de réponse négative, rien n’est perdu !
  3. La peur provient de nos projections mentales dans le futur… qui se réalisent rarement
  4. Ne prenons pas à notre compte les peurs que les autres projettent sur nous
  5. Prenons le temps de faire le vide dans notre tête pour nous assurer d’entendre notre petite voix et d’être toujours sur le bon chemin
  6. Sortons un peu la tête du pilote automatique pour apprécier ce qui est sous nos yeux
  7. Les autres voient parfois en nous des capacités dont nous n’avons pas conscience. Faisons-leur confiance !

Mais un paradis n’en reste un que parce qu’on peut le quitter quand on veut, sinon il devient une prison dorée.

Lorsque nous levons l’ancre, 8 jours après nous être arrêtés, je suis contente de mon séjour sur l’île mais j’ai aussi hâte de reprendre la mer.

Dès la sortie du lagon, je ne vais pas être déçue ! Tout ça parce qu’arrive enfin la…

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