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(je vous avais laissé(e) sur une ambiance tropicale d’il y a 20 ans, avec un internet paresseux qui fait la sieste régulièrement !)

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Des bus d’un autre temps

Si vous venez à Rodrigues, vous ne devez surtout pas passer à côté d’un trajet en bus.

Tout d’abord, il y a leur aspect extérieur : peints de vives couleurs et recouverts de motifs variés et colorés, il est difficile de les manquer.

Ensuite, leurs noms sont évocateurs : « Prince of the road », « The boss is back », « Nice »… déjà tout un programme.

Enfin, quand vous entrez dans le bus, vous (re)découvrez les bus d’il y a 30 ans : confort spartiate, banquettes pour 2 ou 3 personnes mais pas de siège individuel.

C’est inconfortable quand vous êtes coincé à côté d’une ou deux personnes corpulentes…

Amusant quand vous voyez une brochette d’écoliers en uniforme qui s’entassent sur la  banquette devant vous…

Royal si vous êtes tout seul sur votre banquette !

Si vous jetez un coup d’œil vers la cabine chauffeur, vous remarquez qu’il est sous la protection d’un certain nombre de divinités : colliers de fleurs tamouls, image pieuses ou statuettes de Marie, parfois les 3 à la fois. Question assurance divine, vous êtes parés !

Enfin, si vous cherchez comment faire arrêter le bus, il y a deux solutions : soit vous indiquez au chauffeur où vous voulez aller (car en tant que touriste, impossible de (re)connaître les arrêts, surtout quand leur nom n’est pas marqué dessus), soit vous tirez sur le petit fil qui court horizontalement le long du bus, ce qui produira un agréable son de crécelle qui indiquera au chauffeur qu’il faut s’arrêter.

Voilà pour une première description.

Quand les gens montent commence le dépaysement.

Vous voyez arriver des personnes de tous les styles, toutes les corpulences, ou des écoliers en uniforme (j’adore ceux en uniforme rose, qui tranche avec leur couleur de peau) qui s’entassent petit à petit sur toutes les banquettes, ne laissant plus aucune place disponible aux heures de pointe. Passe ensuite un contrôleur avec une machine à produire les billets digne du début des années 1900. Les billets qu’elle imprime après quelques savants tours de manivelles sont quasiment illisibles, et le prix de la course dérisoire (moins de 1€).

J’adore.

Vous pouvez alors laisser vos yeux admirer le paysage qui défile alors sous vos yeux. C’est un bon moyen de visiter l’île !

Car nous avons mesuré, alors que nous partions en randonnée avec un GPS portable : 30 km/h de pointe dans les côtes et 50-60 km/h sur les routes normales. On a largement le temps de regarder ! Par contre, il ne faut pas être trop pressé…

Et ne vous inquiétez pas si parfois on roule la porte ouverte ; ça fait de l’air et vu la vitesse à laquelle on roule, il ne peut pas se passer grand-chose. Vous verrez même parfois certains passagers monter en marche à certains arrêts, le bus ralentissant juste assez, sans s’arrêter, pour qu’ils puissent « prendre le train en marche ».

Je vous l’avais dit : il faut essayer absolument…

Une autre chose que je voulais essayer absolument, c’est de créer un…

Jeu de piste pour JB et Anik

A Cocos Keeling, JB avait organisé pour les 3 équipages français présents (Banik, Pélagos et Teva) un jeu de piste sur l’île pour nous dégourdir les jambes et nous la faire parcourir en tous sens.

Cela m’avait marqué, d’autant que j’adore les jeux de piste et que j’ai appris que JB était « coutumier du fait ».

Aussi, lors de la fin de la traversée, durant un de mes nombreux moments de désœuvrement et de vagabondage cérébral, j’ai imaginé un jeu de piste pour Anik et JB à travers la ville de Port Mathurin. Il commencerait sur le bateau, sous forme d’énigmes qui mèneraient au message suivant, puis à travers la ville de Port Mathurin si j’arrivais à me faire quelques complicités avec les commerçants.

Une fois arrivée, la gentillesse des habitants et des commerçants m’a permis de lier rapidement connaissance avec certains d’entre eux et d’envisager la poursuite du jeu à travers la ville. J’ai donc été voir quelques commerçants et leur ai demandé la permission de les impliquer dans le jeu. Ils ont tous répondus par l’affirmative, amusés par le procédé, tout de même assez inhabituel à leurs yeux !

Un matin, au petit déjeuner, j’ai donc lancé le jeu auprès d’Anik et JB en demandant négligemment s’ils avaient quelque chose de prévu aujourd’hui…

Le petit déjeuner même pas encore terminé, ils ont bondi sur le jeu tels des chiots sur une balle. C’était assez amusant de les voir essayer de décrypter les énigmes pour trouver le prochain message caché dans le bateau. Ils ont trouvé les 10 papiers en moins d’une heure, affutés comme des chiens de chasse.

Je suis donc partie me balader dans l’île, confiante en mes fins limiers. La suite n’était pas difficile : les petits papiers les envoyaient de commerçant en commerçant, jusqu’à trouver le mot leur donnant rendez-vous dans un restaurant pour le soir.

Ils passaient ainsi par la boutique de mon ami Ratesh, où on leur donnait un petit sac vert, puis par le restaurant Ti Piment Rouge, où le patron les a mis à l’aise pour leur servir un café avec le petit mot conduisant à la suite (et comme ils ont fait ça juste après manger, cela ne pouvait pas mieux tomber). Une suite qui avait lieu au marché, où mon ami Jackson leur donnait des mandarines (à mettre dans le petit sac vert) et le mot les envoyant au restaurant « Manzé la kaz » où la patronne, s’embrouillant un peu les pinceaux, leur a donné mon petit mot (et le descriptif que je lui avais donné pour les reconnaître !) ainsi que les deux bières prévues… Heureusement que ma description de leur personne était sympathique !!!

J’avais payé les différents articles en avance, pour que quand ils arrivent, ils aient juste à profiter du plaisir de la rencontre et poursuivre leur route.

Bref, ils ont ainsi eu le rendez-vous au restaurant Le Marlin Bleu pour le soir-même à 18h. Je les y attendais, espérant tout de même qu’ils avaient bien trouvé mes messages et que personne ne s’était emmêlé les pinceaux dans l’histoire… Heureusement, je les ai vu arriver avec quelques minutes de retard et nous avons pu tous apprécier la cuisine du restaurant. C’est moi qui invitais !

Ils ont beaucoup apprécié le jeu, en particulier JB qui avait toujours été à l’instigateur des jeux, mais n’en avait jamais bénéficié.

Conclusion : à refaire !

NB : le petit sac vert a par la suite trouvé son utilité : c’était le sac pour aller chercher le pain !

Justement, ce restaurant nous a tellement plu que nous en avons fait notre quartier général pour une…

Soirée mémorable du match de coupe du monde Allemagne – France

Même si nous sommes à l’autre bout du monde, quelques informations nous rattrapent parfois.

Nous apprenons ainsi en arrivant à Rodrigues que la coupe du monde de foot a commencé, que la France a perdu ou gagné tel match… petite piqûre de rappel pour nous qui n’étions plus du tout dans ce monde-là : le monde de l’information.

Aussi, étant donné qu’au quai nous sommes 2 bateaux français et 2 bateaux allemands (en plus d’un bateau canadien), nous décidons de profiter de l’occasion pour s’organiser une soirée au restaurant tous ensemble et rigoler autour du match.

Nous réservons une table au Marlin Bleu chez mon ami Mega, en face de l’écran géant.

Nous voici donc partis, à la nuit tombante (soit vers 18h30 !), devant le restaurant. Les français dûment habillés de bleu, blanc et rouge et les allemands de jaune, rouge et noir. Je me suis même trouvé du maquillage pour enfant et j’ai peint le drapeau français sur mes joues.

L’ambiance est festive sur la route : on discute en anglais et français, on plaisante… Sheila et Mickael, les Canadiens (donc neutres) qui ont été désignés comme arbitres de la soirée, nous expliquent en chemin les règles qui s’appliquent aux cartons rouge ou jaune qu’ils ont préparés.

Nous nous attablons au restaurant et trinquons à la bière en attendant le match. Nos arbitres ont décidé qu’il y aurait un pot commun où serait versé l’argent récolté par les cartons rouges et jaunes qui seront attribués pour mauvais comportement, moquerie… ou tout autre événement à discrétion de l’arbitre. La cagnotte sera tirée au sort à la fin de la soirée.

Bien que le match ne soit pas des plus beaux qu’il nous aie été donné de voir, nous mettons l’ambiance dans le restaurant par nos plaisanteries et nos éclats de voix, pour la plus grande joie des autres clients et du patron.

Nous nous apitoyons sur le sort de certains joueurs, pestons contre la maladresse des autres ou l’aveuglement de l’arbitre (plainte sanctionnée d’ailleurs par un carton rouge de la part de nos amis Canadiens, solidaires de leur collègue !). La soirée se passe ainsi très agréablement autour de l’amitié franco-allemande et c’est ensemble, sans arrière-pensée, que nous trinquons au rhum arrangé offert par Méga à la fin.

Patron chanceux car il avait participé au pot commun et c’est lui qui a été tiré au sort pour remporter la cagnotte !

Une bien belle soirée…

Et comme on sort d’un restaurant justement, cela m’emmène à vous parler des :

Découvertes culinaires et déboires

Voici décrits quelques-unes des choses que j’ai goûté sur l’île, qui m’ont laissé un souvenir plus ou moins impérissable…

Rôtis :

Au détour de mes pérégrinations dans les rues de Port Mathurin, je croise régulièrement des petites carrioles tirées par des hommes qui crient « Rôtis chauds » !

Alors, n’allez pas vous imaginer que ces messieurs proposent du poulet rôti ou un rôti de porc, vous n’y êtes pas du tout. Il s’agit en fait d’un plat d’origine indienne qui est une galette de blé (sorte de crêpe assez épaisse, mais sans œufs) sur lequel il étale une ou plusieurs sauces qui se trouvent dans les récipients de sa petite carriole. Certaines sont piquantes, d’autres non, mais toutes à base d’épices comme le curcuma, le curry, etc… Ils sont vendus pour trois fois rien dans la rue et permettent de manger à pas cher, sans avoir à cuisiner.

Alors que nous mangions au restaurant le Marlin Bleu à la fin du jeu de piste que j’avais fait faire à JB et Anik, nous avons rencontré Patricia, d’origine Rodriguaise et son mari Philippe, Belge. Nous avons tellement sympathisé qu’ils nous invité chez eux le dimanche midi suivant. Nous avons pu y goûter les rôtis que Patricia avait fait préparer, ainsi qu’un nombre varié d’accompagnement à étendre dessus. C’était très bon, mais bourratif !

Gâteaux et pâtisseries :

En tant que Français, nous sommes souvent réputés pour avoir le « bec sucré » (« sweet tooth » comme disent les anglais). Ou peut-être est-ce juste particulièrement moi… Passons.

Toujours est-il que j’ai testé plusieurs « gâteaux » dans les quelques magasins qui en fabriquaient : palets sablés, rochers coco… c’est mangeable mais loin d’être vraiment très bon. Quand on sait qu’ils font cela avec de la margarine et non du beurre, trop cher, on comprend mieux.

Un jour, alors que je me promène avec Sheila (canadienne, qui habite sur un autre voilier), nous entrons dans une boulangerie-pâtisserie où je vois de très respectables pains au chocolat. Mes yeux s’allument et brillent : j’adore ces petites douceurs et cela fait un moment que je n’en ai pas mangé. Sheila se laisse tenter elle aussi et nous en achetons un chacune.

A la première bouchée, quelle déception ! Le goût est bien moins agréable que la vue… J’essaie une ou deux autres bouchées, mais c’est décidément bien trop gras et pas assez bon pour que j’ingurgite autant de graisse inutile. Sheila en est arrivée à la même conclusion que moi et nous allons en cœur nourrir la prochaine poubelle.

Dommage !

Salade d’ourites :

« Ourite » est le nom local donné aux poulpes. Tous les matins et tous les soirs on peut voir des pêcheurs marcher sur le platier corallien (bonjour les dégradations !) avec une pique pour déloger les pauvres pieuvres et les embrocher. Ils sont ensuite séchés au soleil sur un cadre en bois ou mangés « frais » dans des salades par exemple.

Le soir de notre dîner au Marlin Bleu, je commande une salade d’ourites. Quand je la goûte, tout est très bon sauf un petit goût indéfinissable que je n’arrive pas à apprécier. Soudain, illumination : il y a de la coriandre ! Dommage… j’avais oublié que dans cette partie du monde ils aiment bien, malheureusement, ce que l’on nomme aussi le « persil arabe ». Je n’ai malheureusement pas les mêmes goûts : quand j’entre dans le marché, parfois, une odeur désagréable emplit mes narines. Je me concentre quelques secondes et finit par trouver qu’il s’agit en fait de l’odeur de la coriandre. Chez moi, ce dégoût n’est pas psychologique mais physique !

Donc pour tous ceux qui n’aiment pas la coriandre : dans cette partie du monde, pensez à demander systématiquement !

Gâteau piment :

Un autre plat traditionnel ici, mangé en amuse-bouche, est le « gâteau piment » (appelé « bonbon piment » à la Réunion).

C’est une recette faite à base de purée de pois du Cap (sorte d’énormes haricots blancs) avec un certain nombre d’épices et plus ou moins de piment. Quand j’ai été invitée à manger dans la famille de mon ami Ratesh, sa mère a eu la délicatesse d’en faire pour moi quelques-uns sans piment. Je la remercie grandement car la version pimentée était bien trop forte pour moi.

Et encore, ceux qui ne trouvaient pas cela assez fort pouvaient les tremper dans une pâte de piment !

Ils sont fous ces Rodriguais !!!

               Mais les découvertes que j’ai faites n’ont pas été que culinaires. Grâce à mon ami Ratesh, j’ai pu faire la…

Découverte du henné avec Nushreen

Lors du dîner chez Ratesh, j’ai fait la connaissance de sa cousine Nushreen. Et c’est avec amusement que je découvre que c’est l’élégante jeune femme à qui j’avais fait un compliment sur la tenue lorsque je l’avais croisée dans la rue ! Comme quoi, chaque chose arrive pour une bonne raison dans la vie…

Nous avons rapidement sympathisé. Au détour de la conversation, quand je lui dis que j’adore les motifs au henné mais que je n’ai encore jamais osé sauter le pas, elle me propose de m’en faire sur les bras car elle a l’habitude de tracer ces motifs.

Génial !

Nous prenons donc rendez-vous à 14h chez elle, quelques jours plus tard, pour qu’elle me dessine sur les avant-bras. Elle me dit

« Ce n’est pas long, tu verras, ça ne prend que 20 minutes pour chaque bras. »

J’avais donc prévu d’aller me balader après. C’était sans compter sur « la réalité du terrain »…

Une fois arrivée chez elle, je commence par choisir les motifs qui me feraient plaisir parmi les photos qu’elle me fait défiler sur sa tablette. Une fois mon choix arrêté, elle prend un des petits cônes de henné empaqueté dans une sorte de papier ciré, elle enlève l’aiguille fichée au bout et commence à dessiner sur mes avant-bras.

La pâte qui se dépose en arabesque sur ma peau me chatouille, mais il faut que je reste de marbre.

Je regarde, admirative, le dessin prendre peu à peu forme sur mon épiderme. Nushreen fait tout à main levée, se reportant au modèle qu’elle a sous les yeux et l’adaptant à l’inspiration du  moment.

Elle va vite, très vite je trouve même. Mais on est tout de même loin des 20 minutes par bras qu’elle m’avait promis !

Ou sinon j’avais mal compris, car elle met tout de même 2h pour me décorer les deux avant-bras et les mains, recto-verso. Ce qui est peu quand on voit tous les détails dessinés…

A la fin de ces deux heures, je suis ravie du résultat et nous immortalisons l’instant avec Nushreen. Rien qu’à voir mon visage rayonnant sur les photos, cela en dit long sur mon contentement. Cela faisait si longtemps que je voulais tester cela sans avoir osé le faire ! Et il a suffit de quelques rencontres et d’une occasion…

Mais ce que je n’avais pas prévu, c’est que je me retrouve maintenant avec les deux avant-bras, ainsi que les mains et les doigts, recouverts de pâte de henné qu’il faut laisser sécher ! Ce qui a été fait au départ commence à être bien sec, mais c’est loin d’être le cas pour le reste !

Nous passons donc un moment à discuter toutes les deux, en attendant que ça sèche. Puis je rentre au bateau, faisant bien attention de ne rien toucher ou presque, pour ne pas abîmer le motif. Même si c’est maintenant à peu près sec, je préfère ne rien faire pour ne pas entraver le bon déroulement du processus.

Voilà donc un bon prétexte pour ne rien faire et « buller », la musique sur les oreilles…

Je me débarrasserai de la pâte sèche au coucher du soleil, frottant mes mains l’une contre l’autre par-dessus bord. A la place de la pâte brune séchée, les motifs d’une belle couleur rouge bordeaux / orangée zèbrent ma peau.

J’ai pour consigne de ne pas me laver les mains ce soir, uniquement demain matin, pour que le colorant se fixe bien dans ma peau. Il doit d’ailleurs foncer dans la nuit.

Je m’endormirai en rêvant à mes motifs, l’odeur du henné, très agréable, berçant mes rêves. Je découvrirai la couleur définitive le lendemain matin : les mains sont plus foncées que les avant-bras (mais on me dira plus tard que c’est normal).

J’arbore fièrement  ma parure éphémère dans les rues, ce qui me vaudra quelques compliments et regards admiratifs.

Enfin ça, ça dépend de qui.

Anik, elle, en voyant mes tatouages, dira :

« Ah mon Dieu ! Je n’arriverai jamais à m’y faire ; on dirait que tu es blessée »

Différence culturelle…

Mais cela ne durera malheureusement qu’un peu plus d’une semaine, contre les deux à trois promises par Nushreen.

Dommage, parce que je les aimais vraiment beaucoup ces motifs…

               Et justement, quand je parlais des regards admiratifs tout à l’heure, ce qui fait le charme et le désagrément d’endroits comme celui-ci, c’est qu’…

Une île, c’est tout petit et tout se sait

Rodrigues, c’est ce qui fait son charme, ressemble à un petit village où tout le monde se connaît, s’interpelle dans la rue et discute avec tout le monde. Il y a aussi les querelles de clocher, les ragots, les jalousies…

Mais nous, en tant que voyageurs de passage, nous n’avons pas droit à tout ça…

Nous avons juste les bons côtés : les gens discutent volontiers et nous interpellent pour nous dire bonjour, voire discuter un peu quand nous repassons devant eux les jours suivants.

Mais j’ai eu une belle démonstration du fait que tout se sait très vite ici…

Un samedi, je suis allée danser avec mon ami Ratesh à la seule boîte de nuit de l’île : « Safari » (je sais, c’est déjà un facteur aggravant : c’est la seule boîte de l’île). Comme j’aime beaucoup danser et que j’avais envie de me défouler, je n’ai pas ménagé mes efforts et je suis même montée sur les baffles devant le DJ, invitant d’autres jeunes filles à me rejoindre.

Bref, je me suis bien amusée et on peut dire que c’est même une des rares fois où je me suis sentie aussi à l’aise et que j’ai été aussi démonstrative…

Eh bien la semaine suivante, à mon grand étonnement, une personne avec qui je discutais m’a dit qu’elle m’avait vu à Safari le samedi passé.

Jusque-là, tout va bien.

Deux autres personnes m’ont fait la remarque, mais rien ne m’a interpelé car elles habitaient à Port Mathurin, là où il y a la boîte de nuit.

Par contre, j’ai réalisé avec effarement à quelle vitesse vont les nouvelles quand un jeune homme du centre de l’île avec qui nous avons discuté le jeudi suivant m’a regardé un peu plus attentivement et m’a demandé

«  Tu n’aurais pas dansé à Safari samedi dernier ? »

De quoi se faire rapidement une réputation…

Mes impressions sur cette île aux mille facettes

Rodrigues n’est pas surnommée pour rien : « la Cendrillon des Mascareignes ».

Cette petite île a tout pour plaire : un grand lagon entouré de quelques petites îles magnifiques, une végétation verdoyante et luxuriante, des plages sublimes, de belles balades et des habitants très accueillants. C’est une île qui respire la douceur de vivre tropicale, avec le charme d’un endroit où le temps se serait arrêté.

Comme moi, baladez-vous au cœur de l’île sur les sentiers dits « des chercheurs d’or », essayez la tyrolienne qui vous fait ressembler à un paille en queue (un très bel oiseau tropical), promenez-vous sous les filaos dans le sud-est de l’île, profitez de ses sublimes plages, immergez-vous dans son lagon, découvrez ses espèces endémiques, caressez les tortues, goûtez la cuisine typique… Vous pouvez aussi tenter le kite-surf, la pêche au gros, la plongée… Il y a tellement à faire sur cette petite île ! Ou vous pouvez tout simplement décider de profiter du charme enchanteur des lieux et de la gentillesse des habitants, en vous la coulant douce.

Ce qui est très agréable, c’est que les gens restent gentils et ne sont pas obnubilés par l’argent, même si on sent que c’est aussi une préoccupation. Il est très agréable de savoir que l’on peut se promener dans les rues à n’importe quelle heure sans avoir à se soucier de sa propre sécurité… ou laisser sa moto clé sur le contact, casque posé sur le siège devant une boutique et la retrouver intacte quelques minutes plus tard. Combien de régions dans le monde peuvent se vanter d’une telle tranquillité ? (Hormis le Japon, si on fait abstraction des mauvaises manières de certains touristes étrangers…)

Petite par la taille, avec un cœur « gros comme ça », cette île ne manquera pas de vous attraper dans ses filets. Sa grande sœur Maurice est certes magnifique, mais Rodrigues est une cadette bien cachée dans son ombre qu’il serait dommage de ne pas découvrir.

Bref, vous l’aurez compris, cette île a conquis mon cœur par la gentillesse de ses habitants et la beauté de ses paysages. J’aimerais beaucoup y retourner, ne serait-ce que pour revoir les amis que je me suis fait sur place.

Mais qui sait ce que l’avenir me réserve ?

               Malgré ces 3 semaines vraiment géniales passées sur Rogrigues, il nous faut penser à repartir… Nous avons préparé des cakes salés pour ne pas avoir à vraiment cuisiner pendant cette traversée de 2 jours 1/2, des légumes et fruits à foison…

Allez, hop, maintenant, cap sur… (suite au prochain chapitre)

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