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« La beauté du monde dépend de là où l’on choisit de porter notre attention,
de ce que l’on décide de nourrir. » Blandine de Maillard

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Après ce temps passé à l’île de Rodrigues, nous étions curieux de voir ce qu’allait nous réserver l’île Maurice. Car quand on évoque Maurice (l’île, pas mon oncle), on pense tout de suite aux belles plages de sable fin, aux cocotiers et aux hôtels 5* avec spa intégré.

Arrivant en voilier, ce n’est pas du tout cette approche que nous en avons. Nous connaissons par exemple beaucoup mieux que les touristes la marina du Waterfront de Caudan à Port Louis, ou le Yacht club de Grand Baie que les plages où nous n’allons finalement faire que de brèves incursions quand nous allons d’un point A à un point M (pourquoi ce serait toujours un point B ?).

Cela peut paraître étonnant, mais vivant sur l’eau, nous n’éprouvons pas vraiment le besoin d’aller nous étendre sur une plage pour nous faire griller sur les deux faces – et puis on peut le faire sur le pont du bateau. Et comme nous n’allons pas non plus dans les hôtels de luxe, ni les restaurants, ni ne parcourons l’île à l’aide d’une voiture de location, notre vision est forcément différente de celle d’un touriste classique.

Je n’ai pu visiter que quelques sites de l’île car me déplaçant en bus, les trajets deviennent vite longs et compliqués. Quand on est à Saint Louis, c’est plus facile car les bus pour toute l’île partent de là. Mais quand on est à Grand Baie, il faut d’abord 30 à 45 min de bus pour aller jusqu’à Saint Louis avant de prendre un autre bus qui ira jusqu’au sud de l’île en 1 à 2h. Sans compter le retour pour rentrer au bateau.

Ce qui refroidit les ardeurs d’excursions. Mais cela ne m’a pas empêchée de laisser aller ma curiosité !

Embarquement immédiat.

Maurice, terre de contrastes

Même si je n’ai visité que peu de lieux touristiques, j’ai pas mal sillonné la ville de Port Louis, ce qui m’a donné un bon aperçu de la vie mauricienne : la diversité est la règle.

Les temples chinois voisinent avec les mosquées, les églises et les temples tamouls. En parcourant les rues, on croise des boutiques qui vendent des produits venant de tous les horizons. D’ailleurs, ce que j’ai beaucoup aimé en sortant du lieu assez « aseptisé » qu’est le Waterfront de Caudan, c’est de voir toute la vie qui grouille dans les rues de la ville, tous ces petits marchands qui tentent de vous vendre leurs maigres marchandises à même le trottoir.

C’est normalement interdit par la loi, et ça encombre les trottoirs, mais ça donne vie à la rue ! C’est le côté très « asiatique » de Maurice. C’est ce qui m’a manqué par la suite en arrivant à la Réunion, qui est beaucoup plus « occidentale ».

C’est fou comme en me baladant dans ces rues je me sens beaucoup plus vivante que dans celles, policées, du Waterfront. Là où la propreté et l’ordre sont la règle, où tous les murs sont tirés au cordeau, et la marchandise bien rangée sur des étagères en piles bien ordonnées, il y a moins de place à l’imagination. Le champ des possibles semble plus réduit, tenu en laisse comme un chien propret qui sort du toiletteur, ce qui lui interdit de gambader.

Ici, c’est un foisonnement de couleurs, de matières et les étals débordent de toutes sortes de marchandises plus ou moins baroques. Ça s’interpelle, ça bonimente, ça discute, ça mange…

Bref, ça vit !

Certes, cela demande plus d’énergie pour faire ses courses car il faut faire face à des sollicitations diverses et variées et parfois (souvent ?) se frayer un chemin dans la foule et/ou les étals. Mais les possibilités d’échange sont plus grandes. Les marchands ne sont pas là uniquement pour vendre, ils sont là pour communiquer aussi. En tant que client, nous prenons aussi une part active dans leur vie ! Et ça, c’est ce que j’aime par-dessus tout.

Mes explorations de Port Louis m’ont aussi donné l’opportunité de rentrer dans un temple chinois. Voyant un beau temple et une porte close, j’ai cherché à voir comment rentrer et j’ai sonné (si si, j’ai osé !). Une none m’a fait visiter les différentes pièces et m’a ensuite donné à manger. Je n’en revenais pas !

Dans les rues près du marché central, on peut voir des magasins vendant de magnifiques saris, des penjabis, etc… Tant de couleurs et de diversité font plaisir à voir. A tel point que je me suis laissée tenter et que j’ai acheté un tissu pour confectionner un sari vert émeraude et or. La vendeuse m’a même expliqué comment le disposer, avec les nombreux plis à respecter. Il ne reste plus qu’à trouver une occasion de le porter (j’ai une couturière qui est en train de me le confectionner) !

Enfin, quand on parcourt un peu l’île, on passe de belles villas cossues à des maisons faites de tôles ; d’endroits où tout est pensé, tondu et discipliné à d’autres où la végétation est exubérante.

L’île Maurice, c’est vraiment une terre de contrastes ! Et pour comprendre encore un peu mieux ces contrastes, je suis partie à la…

Découverte de quelques métiers à la mode mauricienne

Pâtissier :

Alors que je me promène dans les rues à la découverte de la ville de Port Louis, je tombe soudain sur une pancarte indiquant qu’il y a une pâtisserie. L’entrée ne ressemble pas aux pâtisseries auxquelles je suis habituée en Europe, mais plutôt à une entrée de cour de maison. J’hésite un moment mais je décide d’y aller quand même, pour voir (moi et ma curiosité insatiable !).

J’arrive alors dans une cour où je repère la pancarte indiquant l’entrée de la boutique, alors que ça ressemble pour moi à l’entrée d’une habitation.

Etrange.

Quand je rentre, je vois un mini étal avec des gâteaux sur ma gauche, et tout le reste ressemble à un logement qui aurait été aménagé pour faire de la pâtisserie. Intriguée, je rencontre le patron du lieu à qui je demande si je peux revenir un autre jour pour voir comment il travaille et prendre des photos.

Il accepte !

Le jour dit, j’ai la chance de pouvoir rentrer dans l’arrière-boutique et d’observer Nasreen, l’une des employés,  qui confectionne différents produits. Je discute avec eux, reste un moment à faire des photos.

J’apprends notamment ce bâtiment a toujours été une pâtisserie (curieux comme nous n’avons pas les mêmes notions de ce à quoi doit ressembler une pâtisserie). Je me dis que la plupart des ventes semblent se faire sur commande. Parce que ce n’est pas la table de 80x80 cm à l’entrée surmontée de quelques parts de gâteau, protégées par une cloche à mouche en tulle ornementé, qui peut réussir l’exploit de faire vivre tout le monde.

Le matériel est un peu rustique comparé à nos produits européens. Les normes d’hygiène ne sont pas les mêmes non plus. Mais dans l’ensemble il règne une atmosphère de travail bien fait et de relative propreté.

Alors que je discute avec les employés, ils me révèlent que toutes les pâtisseries sont faites à base de margarine et non de beurre : je comprends maintenant pourquoi elles ne peuvent avoir le même goût que chez nous ! Les variétés de gâteau sont un peu limitées aussi. Même les gâteaux les plus ouvragés sont en fait ce qu’ils appellent du « massepain », c’est-à-dire un gâteau avec de la poudre d’amande, assez sec, recouvert d’un glaçage décoré du plus bel effet.

Les Européens que nous sommes, en voyant de telles merveilles, salivent fortement mais seraient déçus par le contenu, nous qui sommes habitués aux gâteaux avec de la crème.

Pendant mon passage, j’ai eu la chance d’observer le patron décorer un gâteau d’anniversaire grâce à du glaçage coloré (rose flashy !) : quelle dextérité ! Quel art ! Il faut dire qu’il travaille ici depuis plus de 40 ans…

Comme son voisin d’en face le…

Forgeron :

Alors que je sors de ma première visite de chez le pâtissier, je vois en face, de l’autre côté de la rue, l’atelier d’un forgeron.

Toujours aussi curieuse (je sais, certains m’ont dit que c’est maladif, moi je dirais que c’est une belle opportunité de faire des découvertes), je rentre pour voir de quoi il en retourne car la cour ressemble à un grand bric à brac.

Je fais alors la rencontre d’un monsieur d’un certain âge, Roger, avec qui je discute. Il est très gentil et me dit de repasser plus tard si je veux voir fonctionner la forge, puisqu’il ne va pas y travailler aujourd’hui.

Je repasse quelques jours plus tard mais il n’est malheureusement pas en train de travailler sur sa forge non plus. En discutant avec lui, il m’explique que la relève est difficile car les jeunes ne veulent plus faire des métiers difficiles (c’est marrant comme on a les mêmes problématiques partout). Alors que pourtant depuis qu’il a commencé (il y a plus de 50 ans !) sont apparues des techniques qui ont bien simplifié le travail. Pour ne citer qu’un exemple : il existe maintenant une soufflerie électrique pour attiser la forge, ce qui n’oblige plus à actionner un soufflet pendant des heures… Mais les jeunes préfèrent de nos jours les métiers de bureaux, peu salissants et vus comme plus gratifiants. Roger se demande alors qui va prendre sa relève, et comment va perdurer ce métier si utile.

Toute similitude avec ce qui arrive en Europe et son mode d’instruction importé ici serait-elle fortuite ?

Je repasse une troisième fois.

Il est en train de réaliser une rambarde pour une maison. Il arrête alors son travail pour mettre en marche sa forge rien que pour moi, pour me montrer et que je puisse faire des photos.

C’est vraiment très gentil de sa part ! Je fais quelques photos, et avant que je parte un de ses amis nous photographie ensemble. Je lui promets qu’une fois arrivée à la Réunion, j’imprimerai quelques-unes des photos et je lui enverrai, pour qu’il puisse les accrocher sur le mur de son bureau (ce que j’ai fait).

Une belle rencontre.

A première vue, ça paraît un peu moins évident pour ma rencontre suivante, celle avec le…

Boucher :

En me baladant au bazar central (qui est un grand marché très bien fourni en légumes et fruits divers, épices, artisanat) j’entends dire qu’il y a un marché à la viande de l’autre côté de la rue. Comme vous vous en doutez, je traverse donc la rue pour voir de quoi il en retourne (vous commencez à me connaître, non ?).

Autant le grand bazar central est un bâtiment à étage, avec une certaine allure et bordé par une esplanade pavée où se serrent des marchands d’artisanat, autant ici la construction est plus austère : de simples « casemates » en béton, au toit plat et qui possèdent uniquement un rez-de-chaussée, des fenêtres sans charme et poussiéreuses. C’est vrai que c’est moins « touristique » et beaucoup plus « couleur locale ». Et puis la viande, sous ces latitudes où il peut faire chaud, demande à être séparée des autres denrées.

Les bâtiments ont des entrées séparées suivant ce qui y est vendu : bœuf, poulet, porc, mouton. Oui, car on ne mélange pas les cochons et les poulettes…

Cet aspect bien moins convivial ne me rebute pas, car j’ai appris à ne pas me fier aux apparences, et je rentre dans le bâtiment. Le spectacle est pour le moins inhabituel pour mes yeux d’Occidentale. Je dois dire qu’heureusement que j’ai le cœur bien accroché, car beaucoup tourneraient immédiatement les talons.

Sur des étals en béton polis par le temps et le passage, sont posés des morceaux entiers de bœuf ou de mouton. Certaines parties sont pendues à des crochets vissés au plafond.

Les bouchers découpent à la demande et sous vos yeux le morceau de votre choix… ou sont affairés à découper en menus tronçons à grands coups de hachoir des bas morceaux que seuls les plus pauvres achètent, faute de moyens.

Il ne faut pas avoir le cœur trop sensible !

Et vu le regard amoureux que me lance le vendeur de tripes pendant que je fais des photos de celles-ci (j’aimais beaucoup l’aspect géométriques de certaines parties), il y a fort à parier que je trouverais là aussi facilement un mari…

Le meilleur moment pour venir est tôt le matin : on a les meilleurs morceaux et pas trop de mouches qui les ont visités…

Et c’est d’ailleurs dans ces marchés que j’ai rencontré un certain nombre de…

Mes amis mauriciens

A chaque fois que je partais en vadrouille, je ne perdais pas une occasion pour discuter lorsque celle-ci se présentait. Lorsque j’avais quelque chose qui m’intriguais, je posais des questions à la personne concernée. Lorsque je sentais que la conversation était possible, je prenais plaisir à passer du temps avec la personne pour deviser sur tout et rien.

Je me suis donc fait un certain nombre de bons amis sur place, plus particulièrement à Port Louis.

Gilberte Marimootoo, artiste peintre qui expose au Waterfront Caudan :

nous avons sympathisé quand j’ai discuté avec elle à son stand et que je lui ai acheté quelques petits tableaux (qui peuvent rentrer dans ma valise et dans le voilier). J’aime beaucoup sa manière de représenter les voiliers dans ses tableaux : elle arrive à donner un mouvement et une vie à ses peintures. Sa manière de peindre les voiles est vraiment propre à elle-même.

Très généreuse, elle m’a spontanément invitée à passer 2 journées chez elle.

Elle m’a ainsi initiée à la peinture acrylique. J’ai découvert que j’aimais beaucoup ce mode d’expression. Moi qui aie toujours essayé de faire de l’aquarelle, parce que je trouve ça vraiment beau, je m’aperçois que je suis bien plus faite pour la peinture acrylique !

Ce que j’ai beaucoup aimé avec cette peinture, c’est qu’alors que je n’étais pas satisfaite de mon premier essai, elle a pris sa main, l’a passé sur tout le tableau pour mélanger les couleurs et faire une sorte de fond uniforme. J’ai alors pu recommencer en étant davantage consciente de ce que je voulais vraiment faire, sans avoir la culpabilité d’avoir gâché une toile ! Et c’était magique de voir le résultat que cela a produit. Comme je ne pouvais pas emmener la toile sur le bateau parce qu’elle était trop grande, je l’ai offerte à Jeff (voir plus bas) qui était vraiment content.

Le lendemain, accompagné de sa mère, elle a loué un taxi toute la journée pour que toutes les trois nous allions dans le sud de l’île, pour me faire découvrir quelques merveilles de l’île Maurice, comme la terre aux 7 couleurs de Chamarel avant de me ramener à Port-Louis.

Merci pour ta générosité Gilberte !

Vishnu (ce prénom, tout un programme !), vendeur de légumes au bazar central :

Alors que je lui achetais quelques citrons pour la cuisine à bord, la conversation s’est engagée et nous avons vite sympathisé.

Assez rapidement, il m’a invitée chez lui pour dîner avec sa famille. Pour nous y rendre depuis Port Louis, nous nous sommes entassés à 8 dans une voiture car il emmenait aussi ses filles et des jeunes cousins.

Si vous ne le saviez pas, on peut tenir à 6 à l’arrière d’une berline classique !

Si si, je vous promets !

Ils ont été gentils, moi je n’avais personne sur mes genoux. Par contre, je comprends maintenant beaucoup mieux la sensation d’une sardine en boîte…

J’ai donc passé la soirée à dîner avec sa famille : oncles, tantes, neveux et grand-mère comprise ! J’ai vraiment beaucoup aimé, même si je ne comprenais pas tout quand ils se mettaient à parler entre eux en créole mauricien, animés par le feu de la conversation. La grand-mère m’a pris en affection et me prenait souvent la main pour me montrer qu’elle m’aimait bien.

Quand j’allais faire un tour en ville ensuite, je ne manquais pas de passer au marché pour venir lui dire bonjour et discuter un peu avec lui. Et plus tard, quand j’ai eu des achats à faire, il m’a emmené chez un de ses cousins où j’ai pu acheter au « prix mauricien », au lieu du « prix touriste » (parfois 5 fois plus cher !). Donc un conseil : quand vous voyez un prix, dites-vous que vous pouvez au minimum le faire baisser à 1/3 de son prix…

Il m’a donné aussi un bon conseil qui m’a permis de finaliser ma négociation pour cette belle tenture que j’ai achetée (voir un peu plus loin).

Faire la connaissance de Vishnu m’a permis de connaître son jeune voisin appelé :

Faradeen, vendeur de légumes au marché :

Nous avons sympathisé alors que je discutais avec Vishnu car ils sont amis et se rendent mutuellement service.

Il m’a aidé lorsque j’étais dans l’embarras pour recevoir la tablette tactile envoyée par mes parents depuis la France en acceptant de recevoir le colis pour moi au marché, et de me le donner quand je repasserai 2 jours plus tard.

Vous vous dites peut-être que je lui faisais une sacrée confiance ?

C’est le cas, parce que j’ai senti que ce jeune homme était sans malice et digne de confiance.

C’est vrai que cette tablette est une longue histoire… En fait, j’aurais dû la recevoir avant mon départ de France, mais le transporteur n’a pas fait son travail correctement.

Sur le bateau, je ne pouvais pas vraiment avoir accès à l’ordinateur parce que JB était souvent dessus quand j’en avais besoin, et puis il avait aussi à l’intérieur des données précieuses auxquelles il fallait faire attention.

C’est pour ça que dès que j’en ai eu l’occasion à Rodrigues, quand je me suis liée d’amitié avec Ratesh, j’ai envisagé une manière de faire me parvenir la tablette plus rapidement que si j’attendais d’être à la Réunion. Et ça a été possible parce que la sœur de Ratesh a accepté que je fasse arriver la tablette chez elle.

Sauf que cette tablette n’est jamais arrivée chez elle ! J’ai dû appeler le service d’envoi mauricien pour comprendre le problème, puis trouver un moyen de la faire « atterrir » quelque part. Et c’est là que mon ami Faradeen m’a sauvé la mise en acceptant de la recevoir au marché (parce qu’il fallait avoir un numéro de téléphone mauricien pour être contacté par le livreur).

Quelle aventure pour une simple tablette !

Tout ça montre la générosité des gens d’ici, qui m’a d’ailleurs été confirmée par…

Dorine, vendeuse de viande de porc au marché :

En parcourant le marché à la viande, j’ai été un peu destabilisée au détour d’un comptoir par une face de porc qui m’a sauté aux yeux. La peau du visage de l’animal avait été enlevée et pendue à 2 crochets face à l’allée où je déambulais, ce qui peut surprendre quand tout d’un coup vous tombez nez à groin avec ce « masque » sans vie !

Heureusement, j’ai sympathisé avec Dorine un peu plus loin grâce à son grand sourire et sa joie de vivre. Au cours de la discussion, elle m’a invitée à passer une soirée chez elle avec sa famille.

Pour moi qui adore rencontrer les habitants d’un pays, c’est une proposition que j’ai accepté tout de suite avec joie ! Et j’ai passé vraiment une belle soirée avec la famille élargie, la « tribu » : ses enfants, sa sœur et sa famille, la grand-mère, des cousins… Dans une même cour ceinturée par des murs se tiennent la maison de la grand-mère et d’une de ses filles ! La soirée s’est tellement bien déroulée que j’ai été adoptée par toute la famille, qu’elle m’a invitée le week-end suivant pour assister à la confirmation de trois de ses neveux !

Autant vous dire que j’ai été très honorée par l’invitation.

Cela va sans dire que cette célébration a été dépaysante, et que j’ai pu toucher du doigt un peu à la vie d’une famille mauricienne. Ils ne roulaient pas sur l’or, ce qui n’empêchait en rien l’ambiance joyeuse et sympathique, digne de l’image que je me faisais des « tribus » créoles !

Je me rappelle combien ils étaient parfois un peu réservés face à leur maison ou leur douche qui ne devait pas remplir les standings occidentaux. Et je m’efforçais de les rassurer, parce que c’était loin d’être sale, c’était juste fait avec les moyens du bord. Et je n’allais pas m’arrêter à ces détails-là.

Ce qui m’a fait le plus rire, c’est de dormir tête-bêche avec la mère de Dorine (donc la grand-mère de la « tribu »), après avoir passé une de ses chemises de nuit !

En repartant, j’ai vraiment la tête pleine de souvenirs et une affection toute particulière pour Dorine, sa mère et un de ses neveux, Lorenzo, un vrai petit chenapan.

C’est devenu ma famille mauricienne !

Sandy, chauffeur de taxi :

Rencontré à Grand Baie alors que je marchais et qu’il me proposait de me conduire à la destination de mon choix. Nous avons rapidement sympathisé et partagé un apéro sur la plage.

 

Jeff, rencontré lors d’une course de HHH (Hash House Harrier) :

Le HHH est un concept très britannique qui remonte à des périodes d’inactivité pendant la guerre où il fallait faire faire de l’exercice aux soldats avant d’aller manger, pour qu’ils aient faim et entretiennent un minimum de forme physique.

Aujourd’hui, la version est bien édulcorée et c’est un parcours de 5 à 7 kg, balisé avec des signes en farine façon jeu de piste, que les « adeptes » parcourent en courant ou en marchant chaque dimanche. S’ensuit un cercle où le Grand Maître distribue blagues et gages (en s’appuyant sur ce qui a émaillé le parcours du jour) qui se « payent » à coup de gobelets de bière (ou de soda pour les plus jeunes ou ceux qui ne boivent pas d’alcool) à boire en un temps court et défini. Tout cela clôturé par un pique-nique improvisé où chacun discute avec les autres participants en partageant une (des !) bière(s).

Un très bon moyen de se faire des connaissances quand on est nouvel arrivant dans un pays étranger ! La devise du HHH est « A running club with a drinking problem » (un club de course avec un problème de boisson) : tout un programme !

Avec Jeff, nous avons bien discuté pendant le trajet et je garde en souvenir sa casquette qu’il m’a dédicacée. Je la porte encore aujourd’hui quand je pars faire mes activités dehors, avec une petite pensée pour lui à chaque fois. Merci Jeff !

 

Les rencontres, c’est une de mes parties préférées d’un voyage. Mais cela c’est sans compter un petit démon qui se réveille parfois en moi : (suite la semaine prochaine)

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