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« On a deux vies. La deuxième commence quand on réalise qu’on en a juste une. » Confucius

Je dédie ce livre à la mémoire de mon mari décédé.
Pour tout ce que, sans le savoir, il m’a permis d’accomplir
et me permet encore d’accomplir aujourd’hui.
Pour que son décès ne soit pas vain.
Parce que la vie est trop courte.

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Hôpital de Vannes (France), service de cancérologie, 2 octobre 2013, 10h45

Alors que sa respiration ralentit, pour ne plus se faire qu’épisodique…

Alors que sa peau est devenue cireuse et que la chaleur a déjà commencé à déserter ce corps qu’elle avait habité si longtemps…

Alors qu’il fait un temps magnifique dehors…

Je suis là, penchée en avant, et je lui murmure : « Bon voyage » à l’oreille, de ma voix brisée par un sanglot que je retiens lorsque je sens que son dernier souffle s’éteint, un étau enserrant ma propre poitrine. Je lui souhaite un bon voyage vers ce pays inconnu qu’est la vie après la mort, pour lequel je l’ai accompagné jusqu’à la porte.

Désormais, chacun devra poursuivre seul de son côté. J’espère que là-bas, il pourra faire ce voyage qu’il aurait tant aimé faire sur cette Terre.

Je me suis pris, au décès de mon mari, une porte en pleine figure. Bien-sûr, il était plus âgé que moi et cela faisait 1 an qu’il se battait contre son cancer. Mais ça faisait à peine plus d’un an qu’il était enfin à la retraite. Bien-sûr, je savais depuis maintenant 2 mois que ce qui allait se passer aujourd’hui était inévitable, la seule inconnue étant le moment où ça arriverait… Mais il est mort avec tellement de regrets ! Tellement de choses qu’il n’avait pas pu faire dans sa vie et qui étaient vaines aujourd’hui…

Nous venions juste de déménager en Bretagne pour nous rapprocher de notre rêve : acheter un voilier pour faire le tour du monde. Ou avec la rémission de son cancer, plutôt la traversée de l’Atlantique et un tour des Caraïbes, ce qui aurait déjà été pas mal. Nous étions tellement heureux d’avoir enfin vendu cette maison que nous avions mis si longtemps à refaire et si longtemps à vendre à cause de la crise qui était passée par là. Mais sa rémission a été d’une durée éclair d’un mois et demi – un tout petit mois et demi – avant que des douleurs et de crachats suspects ne laissent envisager le pire.

Presque 10 ans que nous avions ce projet, qui avait été repoussé pour diverses raisons. Parce qu’il nous manquait de l’argent pour le réaliser. Comme tout le monde. Parce que nous avions une vie bien remplie et des enfants à l’école. Comme tout le monde. Parce que nous pensions avoir le temps d’en profiter plus tard. Comme tout le monde…

Et là, quand il a eu connaissance de sa rechute, alors que nous allions pouvoir enfin concrétiser ce projet, tout ce que mon mari voulait, c’était un peu plus de temps. Encore un petit peu de temps. Un petit peu de rab. Un délai. S’il vous plaît. C’était presque une supplique de sa part. Je comprenais sa demande. Ça me broyait les entrailles, le cœur et l’âme.

Et ce temps-là, il ne l’a pas eu. D’ailleurs, quand dans la nuit de ce lundi 30 septembre – où je suis revenue en catastrophe à l’hôpital sur un appel des infirmières qui pensaient qu’il ne passerait pas la nuit – on m’a laissé le soin de le lui annoncer. Il respirait avec difficulté mais il était tout à fait conscient, capable de tenir une conversation et en relative « bonne forme » pour une future victime de la grande faucheuse. Je me souviendrais toujours de son air étonné, de ses yeux arrondis dans une expression enfantine et de cette question venant droit du cœur, qui a fait exploser le mien : « Déjà ? ». Et oui, déjà…

Nous avons eu le temps de parler cette nuit-là. La mort et le délire inconscient qui la précède ont suspendu leur couperet quelques heures. J’ai eu le temps de contacter ses enfants pour leur dire les derniers mots que leur père voulait leur confier. On a eu le temps de faire le point tous les deux. Il m’a confié ses regrets que je me suis juré de ne jamais faire miens. Il est finalement tombé dans une sorte de semi-conscience avant de décéder 36h plus tard, dans mes bras.

Une expérience comme cela, où on laisse partir un compagnon de vie de 10 ans qui meurt avec tellement de regrets, ça vous marque, c’est le moins que l’on puisse dire. Moi, ça m’a marqué à tout jamais.  Au fer rouge. Ça a changé ma vie à un point tel que je ne l’aurais jamais imaginé. Parce qu’à ce moment-là, j’ai regardé ma propre vie et je me suis demandé : « Et si moi aussi je devais mourir aujourd’hui, est-ce que j’aurais des regrets ? » Et la réponse a été sans appel : « Tellement ! ».

Depuis ce jour-là, j’ai décidé de changer ma vie pour que je puisse dorénavant vivre chaque jour non pas comme si c’était le dernier, mais en posant les actes qui font que si je devais décéder, quel que soit le moment, je n’aurais aucun regret. Parce que j’aurais réalisé certains de mes rêves et que je serais en chemin vers les autres.

 

Dans ce livre, dont je vous partage un chapitre chaque semaine sur mon blog, je vais vous raconter ce changement radical que j’ai opéré dans ma vie depuis le décès de mon mari grâce notamment à un magnifique voyage de 7 mois comme équipière sur un voilier de 12m avec lequel j’ai traversé de l’Océan Indien de Bali jusqu’en Afrique du Sud. Pourtant, je n’étais même pas sensée pouvoir monter sur ce bateau car le couple de Français qui m’a pris cherchaient une équipière de 50 ans alors que j’en avais 28 ! Mais vous vous doutez que j’avais une force de conviction qui m’a fait traverser l’océan de leurs objections à la nage…

Et ce livre a un double but :

  • je souhaite non seulement vous faire vivre à travers mes yeux et mes sensations cette expérience, les peurs/joies/épreuves que j’ai eu, les émerveillements face à la beauté de la nature que j’ai admirée, les relations humaines…
  • je souhaite aussi partager avec vous ce voyage intérieur que j’ai parcouru et vous en donner les clés pour vous montrer que tout est possible.

Ce que j’ai découvert est tellement précieux, si important à mes yeux, et manque tellement à tant de personnes que je côtoie aujourd’hui – et m’a tellement manqué avant ! – qu’il faut absolument que je le transmette. Transmettre aux autres ces clés qui m’ont aidé à ouvrir mon propre coffre aux trésors, enfoui tout au fond de moi, est ma manière de « donner au suivant » pour l’aide que j’ai reçue.

J’ai envie qu’à chaque page, à chaque doute vous m’entendiez vous murmurer :

« Puisque je te dis que tout est possible… »

Ce livre est résolument un hymne à la vie, à l’autodérision, au voyage, à la diversité, à la beauté, au dépassement de soi, à la puissance et aux talents enfouis en chacun de nous, aux « coups de pieds au derrière » que l’on se met soi-même pour se faire avancer, à la résilience.

Embarquez dans l’aventure avec moi ! L’aventure a été épique me concernant. Je suis convaincue qu’elle le sera pour vous également : riche en sourires, rires, découvertes et prises de conscience.

 

Dès le début, pour moi, ce qui a très vite été une question de (sur)vie ou de mort, c’était de : (suite au prochain chapitre)

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