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Qui n’a pas entendu comme moi son professeur ou ses parents dire « Il faut que tu travailles tes points faibles » ?

C’est une phrase récurrente dans le discours de la plupart des adultes (qui a dit : « Tous » ?) lorsque l’on est enfant. Cette petite phrase, même si elle part d’une bonne intention et peut sembler censée, peut vite creuser le tombeau de notre confiance en nous. Plus j’en apprends sur la confiance en soi et ce qui peut la nourrir, plus j’en apprends sur ceux qui ont réussi à mener une vie comme ils l’entendent, plus je m’aperçois aujourd’hui que c’est une grave erreur que de dire ça à tout-un-chacun.

Ecolier au travail

En 3 points, je vous explique pourquoi on devrait rarement dire cette phrase aux enfants (et aux adultes !) :

1. On met l’accent sur le négatif

En faisant cela, on amène la personne à voir sa réalité par un prisme déformant. Elle n’est alors plus capable de voir ce qu’elle sait bien faire, ou alors le minimise en se disant : « Non, ça je sais bien le faire alors ça ne compte pas » comme je pouvais me le dire étant petite. Je me rappelle qu’à l’école, les mathématiques et la musique me causaient beaucoup de problèmes. J’y passais un temps fou, pour des résultats pas toujours probants. J’avais tendance à voir ma scolarité uniquement par ce prisme-là. Si on m’avais posé la question, je surement répondu : « Oui à l’école ça va bien… mais en maths c’est pas terrible et en musique je suis vraiment une catastrophe ». Tout le monde n’a pas les mêmes aptitudes et ce n’est pas grave. C’est même bénéfique ! Mais le problème est de vouloir faire rentrer tout le monde dans le même moule…

« Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson par sa capacité à grimper aux arbres, il passera sa vie entière persuadé qu’il est totalement stupide. » Albert Einstein

Au lieu de nous faire nous concentrer sur ce qui fait nos forces, on nous amène à nous pencher (nous enfoncer ?) dans ce qui nous cause le plus de problèmes. Au lieu de mettre en lumière ce qui est bien, on met l’accent sur ce qui va mal. Or on sait très bien que pour faire progresser quelqu’un, mettre l’accent sur ses succès est plus gratifiant et plus efficace que de lui renvoyer à la figure tout ce qu’il ne fait pas encore bien. Question de perspective.

2. On se concentre sur la mauvaise cible

Ce qui va nous rendre unique, ce n’est pas d’être moyen en tout comme le font les autres. C’est plutôt d’être terriblement doué dans ce qui rencontre nos aptitudes naturelles. Si nous travaillons sur ce qui nous passionne, ce pour quoi nous sommes naturellement doués, nous allons avancer plus rapidement que si la tâche est aride et difficile parce que le concept de travailler nous est alors presque étranger tellement on en retire de satisfaction. Il est de notoriété publique que même en étant doué, il faut de longues heures de travail pour arriver à une très belle aisance dans ce que l’on fait. Thomas Edison disait d’ailleurs :

« Le génie, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration ».

Donc travailler les points faibles peut être une bonne idée, mais uniquement quand nous avons développé des aptitudes qui nous confortent dans notre estime personnelle. Sinon les efforts fournis et la lenteur des progrès peuvent nous décourager et nous faire abandonner.

3. Cela diminue la confiance en soi

Pour un enfant qui a des difficultés à l’école, si la scolarité prend toute la place dans sa vie et celle de ses parents, il se verra comme mauvais et cela le poursuivra jusqu’à l’âge adulte, créant un manque de confiance en lui. Sans négliger ce qui est essentiel, il faut l’encourager à trouver des succès autre part. Qui sait, ce sera peut-être le prochain Usain Bolt ou Monet ?

Pour ma part, cela ne fait pas longtemps que je viens de franchir ce tabou personnel qui consistait à essayer de jouer d’un instrument de musique, en l’occurrence la guitare, car depuis mon expérience scolaire de flûte à bec qui m’avait traumatisée, je me considérais – et ce sont mes mots – comme « perdue pour la musique ». Mais quelqu’un a réussi à trouver les mots qui m’ont permis de me refaire confiance et d’essayer malgré tout.

Il vaut mieux d’abord travailler nos points forts, qui vont renforcer notre confiance en nous et la maintenir à un niveau élevé. Seulement après on peut travailler nos points faibles. Et si la confiance baisse à nouveau, il faut se retrancher vers nos points forts pour qu’elle remonte de plus belle avant de s’attaquer à nouveau à nos « problèmes ».

Si je résume bien : on nous dit toujours à l’école qu’il faut travailler nos points faibles car il faut être bon partout. Puis plus tard, on entend souvent qu’il faut être multi-tâches pour réussir à trouver un bon métier. Or ce ne sont que des DEMI-VERITES.

Le secret des personnes qui réussissent, c’est de détecter quels sont leurs points forts et de les travailler pour les pousser au maximum, pour en faire une « marque de fabrique » qui les rend uniques et reconnaissables. C’est seulement lorsqu’elles se sentent très en confiance qu’elles commencent à s’attaquer à quelques points faibles, et se mettent en pause dès qu’elles se sentent ébranlées dans leur confiance en elle.

Et vous, quels sont vos points forts, ces aptitudes qui vous rendent uniques par rapport aux autres ? Partagez-le dans les commentaires et surtout : travaillez-les dès aujourd’hui !

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